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Ixtorioa

De M. Charles PUCHEU

Historique et petites histoires de Béhobie

Avant de relater le principal événement historique dont Béhobie a été le témoin, puisqu’il s’est déroulé à 300 mètres à peine du Pont International actuel, il convient de revenir sur des questions topographiques et toponymiques, et de rechercher, en nous appuyant sur des textes, sur des gravures anciennes, à reconstituer une image des lieux, tels qu’ils étaient au XVIIè siècle.                                   En ce qui touche la fin du XVII’ siècle, nous ne ferons appel qu’aux souvenirs personnels de vieux Béhobiens dont je fais (hélas !) partie.                                                                                                                                                                                          Le delta de la Bidassoa en avant du Pont International formait un archipel, dont les principales îles du côté français étaient des grands joncaux — (Inzura) — des petits ioncaux (lnzura ttiki) et de Garzu.                                                                                        Les Grands Joncaux (lnzura) étaient entourés par le ruisseau de Margeria, dont le cours a été détourné et est obligé actuellement de remonter en amont, derrière le Corps de Garde de la Gendarmerie et des Douanes Françaises.  Il y a une quarantaine d’années encore, ce cours d'eau avait une largeur moyenne d’une vingtaine de mètres et permettait à des gabarres à fond plat d’assurer tous les transports de sable, de mottes destinées à l’entretien des berges et des composts pour la fertilisation des terres. J’ai connu dans mes jeunes années, une usine de conserves de thon et de sardines à l’emplacement actuel des Etablissement Nevada et du chai Hiribarren. Cette usine était ravitaillée en poissons pour la conserve par des bateaux de Fontarabie et d’Hendaye, qui accédaient à l’usine par ledit ruisseau de Margeria, qu’ils empruntaient à l’extrémité ouest des Grands Joncaux, en face de l’Ile espagnole de Santiago Aurrea. Ces bateaux longeaient donc à quelques mètres des abattoirs actuels d’Hendaye et du gazomètre de l’E. D, F., passaient sous le pont de Simonénia devant les Etablissements Neuhaus. Après avoir débarqué leur poisson, les bateaux continuaient leur route par dessous le pont qui relie Béhobie aux Joncaux, c’est-à-dire Béhobie à Hendaye et regagnaient par la Bidassoa leurs ports d’attache respectifs.                                                                  A cette époque, la marée arrivait derrière le corps de garde des Douanes, plus vite par le ruisseau de Margeria que par la Bidassoa, c’est-à-dire que le niveau derrière le chai Hiribarren était le même que celui de la Bidassoa en face de Santa Aurrea et de l’extrémité ouest des Grands Joncaux.                                                                                                                                                          Des témoins de cette époque peuvent encore attester ces faits.                                                                                                       Plus près de nous, Il y a une trentaine d’années, à chaque marée le poisson remontait ce cours d’eau. Les pêcheurs y faisaient des prises fructueuses.                                                                                                                                                                       Mais, il a suffi de quelques années de négligence " forcée" pour que nos Joncaux se couvrissent de roseaux et d’herbes folles.Je dis  "forcée" , car la période immédiate qui a suivi la guerre de 1914- 1918 a vu se poser le problème primordial et urgent de reconstruction des régions dévastées du Nord et de l’Est. Il a fallu nécessairement consacrer toutes les ressources nationales à cette entreprise qui primait justement tous les autres problèmes provinciaux ou communaux secondaires et mineurs.                             Nos pauvres Joncaux furent ainsi sinon oubliés, mais délaissés et négligés.                                                                                         Par la suite, d’autres grands événements contribuèrent à leur abandon. La guerre civile espagnole — 1936 —, la guerre mondiale — 1939 —, l’occupation allemande et ses suites (1940-1944) firent que l’attention de l’Administration se portait loin de notre bourgade et de ses terres et cours d’eau.                                                                                                                                 Notre pauvre île des Joncaux, ou île des Faisans, est maintenant devenue une presqu’île ( puisque sans bras de rivière l’entourant ) donnant abri à une multitude malfaisante de familles de rongeurs.                                                                                               C’est dire notre désolation...                                                                                                                                                       Pour comble, le ruisseau Margeria est devenu le réceptacle de tous les égouts, de toutes les ordures ménagères, des eaux usées, des abattoirs d’Hendaye, des usines Neuhaus. Les marées qui, autrefois, deux fois par jour, assuraient le nettoiement automatique, ne peuvent plus passer. De sorte, que toutes les saletés déposées restent sur place.                                                                       Cette ancienne île, Inzura ou Grands Joncaux (devenue presqu'ile) est en réalité la dénommée île des Faisans qui a vu, au Grand Siècle, le XVIIè, les fastes pompeuses des préliminaires du Traité des Pyrénées et du mariage de Louis XIV et de l’infante, le déploiement des troupes royales, des Mousquetaires à pied et à cheval.                                                                                         Cette île de 28 hectares appartient à la ville de Hendaye, qui la reçut de Louis XIII, en récompense des services rendus par ses marins pendant le siège de La Rochelle.                                                                                                                                      Elle figure sous ce nom sur les cartes de l’époque. On l’y voit séparée du territoire exigu de l'humble bourgade d’Hendaye (Andaye) par les petits Joncaux et Garzu, territoire de Béhobie-Urrugne.                                                                                                       Ces petits Joncaux (Inzura ttiki) constituaient une île entourée par un cours d’eau provenant de Simonénia, d'Aldapa et d’Irandatz (lequel alimentait la réserve d’eau actionnant le moulin d’Errota Cillo). Ledit moulin existe encore et j’ai assisté il y a quelques mois à l’exhumation et à la destruction consécutive d’une meule en pierre de grès rose. On peut voir encore à Errota Cillo (devenu ici propriété des héritiers Lecueder) les vestiges de l’ancien moulin.                                                                                                     La réserve d’eau par envasement progressif est devenue une prairie fertile, produisant légumes, céréales et fruits.                        Pour comprendre ce qui précède, il faut bien spécifier que la commune d’Urrugne encerclait complètement Hendaye. Ses limites atteignaient les abords de la gare de chemin de fer d'Hendaye. Son territoire comprenait le quartier de Santiago, Priorerena, l’embarcadère de Santiago, les maisons actuellement Pardo, la rue du commerce, le château d’Irandatz, la ferme d’Inda, Subernoa le sanatorium, le château d'Abadie toute la corniche actuelle jusqu’à et y compris Socoa.                                                              En 1796, d’après les archives municipales dUrrugne, Urrugne comptait : 1.826 habitants ; 964 bêtes à cornes; 2.937 brebis; 445 arpents.                                                                                                                                                                                        Et Hendaye comptait : 127 habitants; 45 bêtes à cornes; 5 arpents                                                                                                   La construction de la ligne de chemin de fer en 1864, mit fin au trafic routier par Béhobte et développa avec rapidité le commerce de transit franco-espagnol par voie ferrée, donnant ainsi une importance accrue à Irun et Hendaye.                                               Pour permettre à Hendaye de respirer et de se développer, deux annexions successives en mai 1867 et en octobre 1897 eurent lieu au détriment de Béhobie-Urrugne.        à suivre.....

                          
PAUSU

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